À 37 ans, Guirec Le Lous devient président du groupe familial Urgo pour un mandat de trois ans. Jusqu’alors à la tête d’Urgo Medical, il devra poursuivre la croissance du groupe tout en menant deux projets stratégiques : une nouvelle usine française consacrée à la compression médicale et le développement, encore expérimental, d’une peau artificielle.

Cette nomination ne constitue pas une rupture dans la gouvernance d’Urgo. Depuis 2019, la présidence du groupe passe tous les trois ans entre Guirec Le Lous et ses frères Briac et Tristan, propriétaires de l’entreprise. Guirec Le Lous prend ainsi la suite de Tristan, devenu président en 2022.
À la tête d’Urgo Medical depuis 2019, le nouveau président connaît déjà l’activité consacrée aux plaies complexes, aux brûlures, aux ulcères de jambe et aux complications du pied diabétique. Son mandat s’ouvre alors que le groupe annonce franchir le milliard d’euros de chiffre d’affaires, contre 930 millions en 2025 selon les données publiées sur son site.
Une nouvelle usine pour la compression médicale
Le projet le plus concret se situe à Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire. Urgo prévoit d’y investir 60 millions d’euros dans un cinquième site industriel français destiné à la fabrication et à la logistique de sa gamme de compression médicale UrgoK2.
La construction devrait commencer en 2027 pour une ouverture envisagée en 2028. Le groupe annonce 200 emplois directs et 115 emplois indirects à terme, tout en maintenant en France l’intégralité de la production de cette gamme.
Au-delà de l’argument du « made in France », cet investissement répond à un enjeu médical important. La compression fait partie de la prise en charge de certaines plaies veineuses, dont le traitement peut être long et contraignant. L’augmentation des capacités de production accompagne donc un marché porté notamment par le vieillissement de la population et la fréquence des maladies chroniques.
Genesis reste une ambition de recherche
Guirec Le Lous devra également superviser le projet Genesis, lancé pour développer une peau artificielle destinée aux plaies et brûlures les plus complexes. L’objectif annoncé est de parvenir à fermer certaines blessures en une seule intervention, sans prélever la peau du patient pour réaliser une autogreffe.
La présentation du groupe doit toutefois être replacée dans son contexte : cette solution n’existe pas encore comme traitement disponible. Un laboratoire dédié a été inauguré près de Dijon en 2022 et Urgo espérait alors pouvoir soigner de premiers patients à l’horizon 2030. En 2024, le projet se trouvait encore dans une phase de recherche portant notamment sur le support nécessaire à la biofabrication de la peau.
La nomination de Guirec Le Lous place ainsi à la tête d’Urgo un dirigeant directement issu de son activité médicale. Son bilan ne pourra cependant pas être apprécié sur les seules annonces d’innovation : il dépendra de la capacité du groupe à transformer ses investissements industriels et ses recherches sur la cicatrisation en solutions effectivement accessibles aux patients.
