Du 14 octobre 2026 au 4 avril 2027, le Musée national de la Marine retracera l’histoire de l’exploration sous-marine, de l’Antiquité à nos jours. Loin de se limiter aux prouesses techniques, l’exposition interrogera les raisons pour lesquelles les sociétés cherchent depuis toujours à descendre plus loin sous la surface.

Pourquoi vouloir pénétrer dans un milieu où l’être humain ne peut ni respirer ni résister longtemps sans assistance ? C’est la question posée par L’Appel des profondeurs. Une aventure sous les mers de l’Antiquité à nos jours.
Présenté sur plus de 800 mètres carrés, le parcours réunira environ 280 pièces provenant de musées, de collections privées, de centres de recherche et de studios d’artistes : scaphandres, instruments scientifiques, spécimens biologiques, manuscrits, peintures, photographies, maquettes et installations contemporaines.
Des imaginaires anciens aux premières machines à plonger
La première partie montrera comment les sociétés ont représenté les fonds marins bien avant de pouvoir les observer. Objets archéologiques, récits, œuvres d’art et spécimens issus de cabinets de curiosités feront dialoguer connaissances fragmentaires et créatures imaginaires.
Un plat à poissons fabriqué en Campanie entre 350 et 300 avant notre ère côtoiera notamment des ouvrages naturalistes, des figures mythologiques et une sirène « momifiée » composée à partir de plusieurs animaux. Ces pièces permettront de suivre la construction d’un imaginaire sous-marin où observations réelles, croyances et inventions restent longtemps indissociables.
Le parcours présentera également les premiers dispositifs conçus pour prolonger la présence humaine sous l’eau. Un modèle de cloche à plongeur antérieur à 1814 illustrera ainsi les tentatives menées pour dépasser les limites de l’apnée, avant que les scaphandres et les submersibles ne transforment progressivement l’exploration sous-marine au XIXe siècle.
Des pionniers aux technologies modernes
L’exposition suivra ensuite l’évolution des techniques ayant permis d’atteindre des profondeurs toujours plus importantes. Casques de scaphandriers, appareils photographiques, équipements de plongée et maquettes de submersibles témoigneront des progrès accomplis depuis le XIXe siècle.
Le parcours évoquera notamment les plongées de William Beebe et Otis Barton, les bathyscaphes, les recherches de la Comex et le développement du scaphandre autonome associé à Jacques-Yves Cousteau et Émile Gagnan. Les travaux de l’océanographe Marie Tharp, dont les cartes ont contribué à révéler la structure des fonds océaniques, seront également présentés.

Cette histoire ne sera toutefois pas limitée à quelques inventeurs ou records. Les pratiques des Ama, pêcheuses japonaises qui récoltent en apnée coquillages et algues, permettront notamment d’évoquer d’autres manières de fréquenter les profondeurs.
Explorer ou exploiter ?
La dernière partie du parcours s’intéressera aux contradictions contemporaines. Les technologies qui permettent d’étudier les grands fonds rendent aussi leurs ressources plus accessibles.
La zone de Clarion-Clipperton, vaste plaine abyssale du Pacifique riche en nodules polymétalliques, occupera une place particulière dans cette réflexion. Encore imparfaitement connus, ses écosystèmes sont aujourd’hui confrontés à la perspective d’une exploitation minière.
L’exposition s’achèvera avec Midnight Zone, une œuvre vidéo de Julian Charrière dans laquelle une lentille de Fresnel descend seule dans cette plaine abyssale. Sa lumière révèle une faune bioluminescente tout en rappelant une évidence : malgré ses machines, l’être humain reste physiologiquement incapable d’habiter ces profondeurs.
En associant histoire, sciences, arts et culture populaire, L’Appel des profondeurs devrait proposer une lecture particulièrement large de l’aventure sous-marine. Son intérêt résidera moins dans la célébration des records que dans la confrontation de deux ambitions souvent indissociables : comprendre l’océan et exploiter ses ressources.
Informations pratiques
L’Appel des profondeurs. Une aventure sous les mers de l’Antiquité à nos jours
Du 14 octobre 2026 au 4 avril 2027
Musée national de la Marine, Palais de Chaillot, Paris 16e
Tarif plein : 15 euros ; tarif réduit : 12 euros
Gratuit pour les ressortissants de l’Union européenne âgés de moins de 26 ans
