Après trois mois d’expédition le long de la péninsule Antarctique, Under The Pole a publié le 1er octobre, aux éditions Ulmer, un livre consacré à cette mission et à ses recherches dans les profondeurs de l’océan Austral. Un documentaire suivra, avec une avant-première parisienne le 16 octobre. Si les images et les performances techniques sont déjà là, les résultats scientifiques restent, quant à eux, en cours d’analyse.

À la fin du mois de novembre 2025, le voilier Why quittait Ushuaïa pour rejoindre la péninsule Antarctique. L’équipe d’Under The Pole y a passé près de trois mois afin d’étudier des écosystèmes encore peu documentés : les forêts animales marines présentes dans la zone mésophotique, cette partie de l’océan située entre 30 et 200 mètres de profondeur.
Encore méconnus du grand public, ces habitats en trois dimensions sont formés par des organismes fixés tels que les coraux, les gorgones ou les éponges. Ils peuvent abriter une biodiversité importante et servir de refuge à des espèces vulnérables.
Leur étude constitue le cœur de DEEPLIFE, un programme conduit par Under The Pole avec le CNRS et un consortium international de chercheurs.
Une campagne scientifique menée jusqu’à 130 mètres
Au cours de cette campagne, l’équipe a parcouru environ 3 000 kilomètres le long de la péninsule et réalisé 35 immersions, dont 31 entre 60 et 100 mètres.
Deux plongées ont atteint 130 mètres, dans une eau dont la température variait de −1,8 à 2 °C. À cette profondeur, le froid, la durée des paliers de décompression et la quantité de matériel nécessaire rendent chaque intervention particulièrement exigeante.
Les recherches se sont concentrées sur un site situé près de l’île Doumer, entre 70 et 130 mètres de profondeur. Contrairement aux forêts principalement constituées de coraux noirs ou de gorgones précédemment étudiées par le programme, celle-ci est dominée par des bryozoaires, de petits animaux coloniaux vivant fixés sur un support.
Les scientifiques y ont réalisé des prises de vue, installé des capteurs et des dispositifs expérimentaux, puis effectué des prélèvements destinés à caractériser les espèces présentes et les relations alimentaires au sein de cet écosystème.

Cette campagne a nécessité une logistique conséquente : Under The Pole indique que l’équipement mobilisé représentait entre 80 et 120 kilos par plongeur. Au total, 13 protocoles ont été déployés et 540 échantillons rapportés.

Des conclusions scientifiques qui restent à venir
Si ces chiffres permettent de mesurer l’ampleur du travail accompli, ils ne constituent cependant pas encore des résultats scientifiques. Les prélèvements et les données recueillies doivent désormais être étudiés par 23 chercheurs appartenant à 13 institutions.
Il faudra donc attendre leurs analyses et les éventuelles publications scientifiques pour savoir précisément ce que cette campagne apportera à la compréhension de la composition, du fonctionnement et de la vulnérabilité de ces forêts animales.
En attendant ces conclusions, Under The Pole propose une première restitution de l’expédition à travers deux supports destinés au grand public. Le livre et le documentaire ne remplacent pas le travail scientifique en cours, mais permettent d’en mettre en lumière le terrain, les méthodes et les contraintes.
Une expédition racontée par le livre et le film

Publié le 1er octobre aux éditions Ulmer, Subantarctica – Une expédition à la recherche des forêts animales marines est signé par Emmanuelle Périé-Bardout et Ghislain Bardout. L’ouvrage de 224 pages rassemble notamment les photographies réalisées par Franck Gazzola pendant la mission.
Le documentaire Subantarctica, réalisé par Alexandre Vigier et coréalisé par Aimée Bouchet, sera présenté le 16 octobre à 20 heures au Grand Rex, à Paris. D’une durée de 90 minutes et produit par Under The Pole avec FitzRoy Media, il raconte l’expédition depuis le point de vue de ceux qui l’ont menée. La projection sera suivie d’un échange avec les équipes du film et de la mission. Les places, disponibles sur le site du Grand Rex, sont proposées entre 10 et 15 euros.
À travers les photographies, les images sous-marines et le récit de l’équipage, ces deux productions donnent à voir des écosystèmes auxquels seuls quelques plongeurs et scientifiques ont pu accéder. Leur objectif assumé : rendre cette campagne scientifique accessible au grand public, en conjuguant explications, témoignages et émerveillement.
