S’il est vrai que le 112 peut parfois fonctionner lorsqu’un téléphone ne capte plus le réseau de son opérateur, il ne permet cependant pas de téléphoner depuis une zone dépourvue de toute couverture mobile. En mer ou dans tout autre secteur isolé, d’autres moyens d’alerte restent donc indispensables.
« Même sans réseau, il suffit de composer le 112. » Souvent répétée, cette affirmation n’est malheureusement que partiellement exacte. Gratuit et accessible dans toute l’Union européenne, le 112 peut être composé depuis un téléphone fixe ou mobile.

Lorsque le réseau de l’opérateur habituel n’est pas disponible, le téléphone peut tenter d’acheminer l’appel d’urgence par l’intermédiaire d’un autre réseau mobile présent et techniquement compatible. C’est notamment ce que signifie l’indication « SOS uniquement » affichée par certains appareils : les communications ordinaires sont impossibles, mais un appel d’urgence peut encore être tenté.
Le problème, c’est que la situation est différente dans une véritable zone blanche. Si aucun opérateur ne couvre le secteur, le 112 n’a pas la possibilité de créer un signal et l’appel ne peut donc pas être transmis. Cette limite, trop souvent ignorée, doit être prise en compte avant une sortie en mer, en montagne ou dans tout environnement isolé.
La géolocalisation ne crée pas de réseau
Lorsqu’un appel d’urgence aboutit, certains smartphones peuvent transmettre automatiquement la position de l’appelant grâce à l’AML, ou Advanced Mobile Location. Cette technologie combine notamment les données satellitaires, cellulaires et Wi-Fi du téléphone afin d’obtenir une localisation qui peut atteindre une précision de l’ordre de quelques dizaines de mètres.
Certes, l’AML peut faire gagner un temps précieux lorsque l’appelant ignore son emplacement exact, mais il ne transforme toutefois pas le téléphone en balise de détresse. De ce fait, si aucune communication ne peut être établie, les coordonnées ne parviendront pas aux secours par le réseau mobile.
Il reste donc utile de pouvoir décrire sa position si possible, mais surtout, avant une activité isolée, d’enregistrer les coordonnées du point de départ, de télécharger une carte utilisable hors connexion et d’identifier les derniers repères rencontrés, dans le but de faciliter d’éventuelles recherches.
Le satellite offre une solution supplémentaire
Certains smartphones récents permettent désormais de contacter les secours par satellite lorsque ni le réseau cellulaire ni le Wi-Fi ne sont disponibles. En France, Apple propose par exemple la fonction SOS d’urgence par satellite sur les iPhone 14 et les modèles ultérieurs compatibles.
Lorsque l’appel classique échoue, l’utilisateur répond à un court questionnaire décrivant l’urgence. Le téléphone transmet ensuite ces informations, ainsi que sa position, sous la forme d’un échange textuel avec les services de secours ou un centre relais. En France, cette fonction peut notamment être utilisée avec les numéros 15, 17, 18, 112 et 196.

Attention, l’utilisateur doit toutefois se trouver à l’extérieur, avec une vue suffisamment dégagée du ciel et de l’horizon. Les reliefs, une végétation dense ou certains bâtiments peuvent ralentir ou empêcher la connexion. La question du délai est également à prendre en compte, car dans de bonnes conditions, l’envoi d’un message peut prendre une trentaine de secondes.
Enfin, le fonctionnement dépend également du modèle de téléphone, de sa version logicielle et du pays concerné. Il est donc préférable de vérifier la compatibilité de son appareil et d’utiliser le mode de démonstration, lorsqu’il existe, plutôt que de découvrir la procédure pendant une urgence.
En mer, la VHF reste prioritaire
S’il demeure une certitude, c’est que la communication par satellite ne remplace pas la radio marine. Depuis un bateau, le canal 16 de la VHF reste le moyen prioritaire pour alerter le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage, le CROSS.
Contrairement au téléphone, la VHF ne dépend pas d’un réseau mobile. Elle permet de joindre directement le CROSS, mais aussi d’être entendu par les navires présents à proximité. L’un d’eux peut ainsi relayer l’alerte ou intervenir avant l’arrivée des moyens de secours.

Une VHF équipée de l’appel sélectif numérique et correctement reliée à un GPS peut également transmettre automatiquement l’identité du navire et sa position. Sa portée reste néanmoins liée à la puissance de l’appareil, à la hauteur de l’antenne et au relief.
Depuis le littoral, le numéro à privilégier pour signaler une urgence en mer est le 196. Il permet de joindre gratuitement le CROSS, 24 heures sur 24. Depuis un bateau, il peut être utilisé si une couverture mobile est disponible, mais ne remplace pas le canal 16.
Adapter ses moyens de communication à la sortie
À proximité des zones habitées, un téléphone chargé et protégé de l’eau reste généralement le moyen d’alerte le plus simple. Son efficacité dépend cependant de la couverture mobile, de l’autonomie de la batterie et, pour les fonctions satellitaires, de la compatibilité de l’appareil et de la visibilité du ciel.
Plus l’activité conduit loin du réseau, plus il devient nécessaire de prévoir des solutions complémentaires : batterie externe, VHF en mer, moyens de signalisation et, lorsque l’éloignement le justifie, balise de détresse adaptée.
Le 112 reste donc un numéro essentiel, mais la mention « aucun réseau » doit être interprétée correctement. Elle peut signifier que l’opérateur habituel est indisponible alors qu’un autre réseau demeure accessible, ou qu’aucune antenne ne peut être jointe. Dans le second cas, seul un autre moyen de communication permettra de transmettre l’alerte.
