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Alpina prend le large avec deux éditions Route du Rhum, dont l’une est vraiment taillée pour la plongée

Plein Souffle 21 septembre 2026

À l’occasion de la 13e Route du Rhum – Destination Guadeloupe, Alpina dévoile deux montres en séries limitées : une Seastrong Extreme Automatic étanche à 300 mètres et une Alpiner Extreme Solarmetre alimentée par la lumière. Deux interprétations séduisantes de la navigation au large, conçues pour des usages nautiques sensiblement différents.

Le 1er novembre 2026, les concurrents de la Route du Rhum quitteront Saint-Malo pour rejoindre Pointe-à-Pitre. Pour accompagner cette traversée de l’Atlantique, Alpina, chronométreur officiel de cette 13e édition et partenaire du skipper français Éric Péron, présente deux éditions limitées directement inspirées de la course.

La première, la Seastrong Extreme Automatic x Route du Rhum, s’inscrit dans l’histoire maritime de la manufacture suisse et affiche de sérieuses aptitudes sous-marines. La seconde, l’Alpiner Extreme Solarmetre x Route du Rhum, mise sur une technologie solaire particulièrement cohérente avec les longues navigations. Si les deux modèles partagent une esthétique résolument nautique, leurs caractéristiques les destinent à des pratiques différentes.

La Seastrong met le cap sur la Guadeloupe

Limitée à 313 exemplaires et proposée au prix de 2 195 euros, la Seastrong Extreme Automatic adopte pour la première fois un cadran turquoise. Sa surface grainée est gravée d’une représentation des courants atlantiques, référence directe aux masses d’eau et aux systèmes météorologiques avec lesquels les skippers devront composer entre la Bretagne et les Antilles.

L’exercice aurait facilement pu basculer dans l’accumulation de logos et de références promotionnelles. Alpina choisit heureusement une approche plus discrète. La Route du Rhum apparaît dans plusieurs détails : le parcours entre Saint-Malo et la Guadeloupe est gravé au dos de la montre, le chiffre 13 s’affiche en rouge dans le guichet de date et l’aiguille des secondes reçoit une pointe de la même couleur.

Le turquoise évoque autant le sillage des voiliers que les eaux caraïbéennes attendues à l’arrivée. Associé à un bracelet en caoutchouc noir et turquoise à l’aspect textile, il confère à cette édition une identité forte, probablement moins polyvalente qu’un cadran noir ou bleu classique, mais nettement plus mémorable.

Son boîtier coussin en acier conserve des dimensions relativement contenues : 39 × 40,5 mm, pour une épaisseur de 13,4 mm. Cette compacité constitue un véritable atout. De nombreuses montres de plongée imposent encore des diamètres supérieurs à 42 mm, peu confortables sur les poignets fins ou sous la manche ajustée d’une combinaison. Ici, la présence reste sportive sans devenir inutilement massive.

Une véritable étanchéité de plongée, mais une lunette atypique

Avec une étanchéité annoncée à 300 mètres, une couronne vissée dotée d’un grip en caoutchouc, un verre saphir antireflet et des index luminescents de grade X1, la Seastrong présente sur le papier de solides garanties pour la plongée sous-marine.

Une nuance mérite néanmoins d’être apportée. Sa lunette bidirectionnelle n’est pas graduée sur 60 minutes comme celle d’une plongeuse traditionnelle : elle reprend les quatre points cardinaux ainsi que les 360 degrés d’une boussole. Ce choix est parfaitement cohérent avec la Route du Rhum et la navigation en surface, mais il limite son utilité comme instrument de secours sous l’eau.

Sur une montre de plongée classique, la lunette unidirectionnelle permet de surveiller le temps d’immersion. Si elle tourne accidentellement, elle ne peut qu’indiquer un temps écoulé supérieur à la réalité, ce qui conduit le plongeur à écourter son immersion plutôt qu’à la prolonger. La lunette-boussole de cette Seastrong ne remplit pas cette fonction de sécurité. Alpina ne revendique d’ailleurs pas, dans les informations communiquées, de certification selon la norme ISO 6425.

À l’heure où l’ordinateur de plongée a remplacé la montre comme instrument principal, ce choix n’est pas nécessairement rédhibitoire. La Seastrong pourra accompagner sans difficulté une immersion et fournir une indication horaire robuste. Les plongeurs à la recherche d’un outil traditionnel permettant de chronométrer leur plongée préféreront toutefois une lunette dédiée.

La fonction boussole doit également être considérée pour ce qu’elle est : une aide approximative à l’orientation lorsqu’elle est utilisée avec la position du soleil, et non le remplacement d’un compas magnétique ou électronique.

Une réserve de marche un peu courte face à la concurrence

La montre est animée par le calibre automatique AL-525, composé de 198 pièces et fonctionnant à une fréquence de 4 Hz. Il affiche les heures, les minutes, les secondes et la date, avec une réserve de marche de 38 heures.

Le mouvement est présenté comme éprouvé, ce qui rassure quant à sa vocation quotidienne. Mais cette autonomie paraît aujourd’hui modeste pour une montre facturée plus de 2 000 euros. Plusieurs concurrentes suisses positionnées à un tarif comparable, parfois inférieur, proposent désormais entre 70 et 80 heures de réserve de marche. Concrètement, la Seastrong risque de s’arrêter si elle est retirée pendant tout un week-end.

Alpina compense en partie cette faiblesse par le soin apporté au boîtier, le carbone intégré à la lunette, l’étanchéité à 300 mètres et le caractère limité de l’édition. Reste que l’acheteur paie ici autant l’habillage Route du Rhum et la rareté du modèle que les performances pures de son calibre.

La Solarmetre, pensée pour la vie en mer

La seconde nouveauté adopte une philosophie différente. Limitée à 513 exemplaires et vendue 1 095 euros, l’Alpiner Extreme Solarmetre x Route du Rhum fonctionne grâce à un mouvement quartz solaire Swiss Made développé conjointement par Alpina et La Joux-Perret.

Sous son cadran noir translucide se trouvent des cellules capables de convertir la lumière naturelle ou artificielle en énergie. Une minute d’exposition suffirait à assurer une journée de fonctionnement. Après une décharge complète, dix secondes à la lumière permettent à la montre de repartir. Surtout, sa batterie peut fonctionner jusqu’à dix mois dans l’obscurité totale.

Pour une montre destinée aux activités nautiques et aux voyages, cette autonomie constitue un argument sérieux. Elle dispense du remontage, limite les changements de pile et correspond bien à l’idée d’un instrument que l’on attache au poignet avant de partir plusieurs semaines en mer.

Son boîtier en acier de 37,5 × 38,9 mm, épais de seulement 10,19 mm, devrait également se montrer plus facile à porter au quotidien que la Seastrong. Le cadran noir à motif triangulaire, le réhaut turquoise, l’insert de lunette en fibre de carbone et le bracelet en caoutchouc créent un lien visuel évident entre les deux éditions.

Le fond reprend, lui aussi, le tracé de la Route du Rhum. L’ensemble reste sportif, mais suffisamment sobre pour ne pas cantonner la montre aux pontons.

La Solarmetre privilégie les sports nautiques et la vie à bord

Avec une étanchéité de 10 bar, soit 100 mètres, la Solarmetre est adaptée à de nombreuses activités nautiques. Elle accompagnera naturellement les pratiquants de voile, de kayak, de paddle ou de sports de glisse, ainsi que les voyageurs recherchant une montre résistante à l’eau et peu contraignante au quotidien.

Elle ne cherche toutefois pas à remplir le même rôle que la Seastrong. Sa couronne n’est pas vissée et elle ne dispose ni d’une lunette de plongée ni des mêmes garanties techniques pour une pratique sous-marine régulière. Les plongeurs pourront donc davantage la considérer comme une montre de bord, de voyage ou d’après-plongée que comme un véritable équipement d’immersion.

Son prix de 1 095 euros pourra néanmoins susciter quelques interrogations. Le marché propose des montres solaires offrant une étanchéité supérieure, parfois certifiées pour la plongée, pour des montants nettement inférieurs. La proposition d’Alpina repose ici davantage sur la fabrication suisse du mouvement, le travail du boîtier, l’insert en carbone, l’identité Route du Rhum et la rareté de cette série limitée que sur un rapport fonctionnalités-prix imbattable.

Deux montres complémentaires pour vivre la mer autrement

Avec ces éditions Route du Rhum, Alpina évite le simple changement de couleur opportuniste. Le cadran parcouru de courants atlantiques, la lunette-boussole, le tracé de la transat et les touches turquoise construisent un univers cohérent autour de la course.

La Seastrong Extreme Automatic est la plus crédible pour accompagner un plongeur. Son étanchéité à 300 mètres, sa couronne vissée, son verre saphir et sa forte luminescence en font une montre robuste, malgré une lunette davantage pensée pour la navigation que pour mesurer le temps d’immersion et une réserve de marche désormais courte face à certaines concurrentes.

La Solarmetre, plus fine et plus accessible, paraît particulièrement adaptée aux marins, aux pratiquants de sports nautiques et à ceux qui recherchent une montre sans contrainte de remontage. Sa technologie solaire est convaincante et son format compact devrait faciliter son adoption au quotidien. Elle assume simplement une vocation différente : accompagner la vie sur l’eau et autour d’elle plutôt que les immersions régulières.

Ces deux créations ne s’adressent donc pas exactement au même public. L’une revendique une véritable capacité d’immersion tout en célébrant la navigation hauturière ; l’autre privilégie l’autonomie, la légèreté et la polyvalence à la surface. Deux manières complémentaires de prendre le large, réunies par une même évocation de l’Atlantique et de la Route du Rhum.

Tags: Actu principale Alpina Route du Rhum

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