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À Livourne, Ferrari Hypersail prépare ses premiers vols avec un remorqueur de 4 000 chevaux

Plein Souffle 8 octobre 2026

Après avoir constitué l’équipe chargée de mettre au point son monocoque volant, Ferrari Hypersail prépare désormais les infrastructures nécessaires aux essais. Le projet disposera d’une base à Livourne et d’un Azimut Fly 72 profondément modifié, capable de remorquer le prototype à environ 30 nœuds pour étudier son décollage avant même l’installation du mât et des voiles.

Le Ferrari Hypersail ne prendra pas immédiatement son envol grâce au vent. Avant de tester le monocoque dans sa configuration complète, l’équipe devra étudier le comportement de ses foils et ses premières phases de décollage. Pour cela, le prototype de 100 pieds sera d’abord tracté par un yacht à moteur spécialement transformé.

Ce dispositif constitue l’un des principaux éléments du partenariat conclu entre Ferrari et Azimut Yachts. Il s’accompagne de la création, dans les installations du constructeur à Livourne, d’une base destinée à accueillir l’assemblage, la mise au point et les futures campagnes d’essais.

Après avoir intégré Giulia Conti et Shannon Falcone à l’équipe chargée des tests en mer, Ferrari commence ainsi à dévoiler l’organisation qui permettra à son laboratoire navigant de quitter les simulations pour affronter la mer.

Une base pour centraliser le développement

Pour passer du concept aux essais, le projet doit réunir au même endroit les ingénieurs, les marins et les équipements nécessaires aux interventions sur le prototype. La future base accueillera donc les bureaux de l’équipe, des espaces de préparation physique ainsi que des laboratoires consacrés aux systèmes hydrauliques, électriques et mécaniques. Des équipements d’impression 3D doivent également permettre de produire ou d’adapter rapidement certaines pièces au cours de la mise au point.

Le choix de Livourne répond à cette logique. L’accès direct à la mer Tyrrhénienne facilitera l’enchaînement des sorties dans différentes conditions, tandis que la relative proximité de Maranello permettra de maintenir des échanges réguliers avec les départements d’ingénierie et de design de Ferrari.

Selon la Ville de Livourne, la construction du bâtiment a nécessité plusieurs autorisations et le site doit servir à l’assemblage comme au développement du bateau. La municipalité indique que la coque pourrait y arriver entre la fin de 2026 et le début de 2027 afin de recevoir ses systèmes, son électronique embarquée et ses foils.

Cette échéance confirme une évolution du calendrier. Lors de la présentation initiale du projet, en juin 2025, la mise à l’eau était annoncée pour 2026. Elle est désormais attendue au premier trimestre 2027, après l’arrivée de la coque à Livourne et l’installation de ses principaux équipements.

Un Fly 72 transformé en banc d’essai

La base permettra de préparer les sorties, mais elle ne suffira pas à provoquer et à observer les premiers vols. C’est précisément le rôle confié à l’Azimut Fly 72 x Ferrari Hypersail, développé pour remorquer le monocoque et accompagner ses campagnes d’essais.

Durant les premiers tests, le prototype sera dépourvu de mât et de voiles. Le Fly 72 devra alors l’entraîner jusqu’à environ 30 nœuds afin que les ingénieurs puissent analyser son décollage et son comportement sur les foils dans des conditions contrôlées.

Une telle opération exige toutefois beaucoup plus qu’un simple bateau d’accompagnement. Azimut annonce avoir allégé son yacht de six tonnes grâce à un recours important à la fibre de carbone et porté sa puissance à 4 000 chevaux, soit le double de celle du modèle conventionnel. Un point de remorquage spécifique a également été intégré à la coque afin de résister aux contraintes produites pendant les essais.

Une fois cette première phase achevée, le Fly 72 servira au suivi du prototype, à l’assistance de l’équipe et à l’accueil d’invités lors de futurs événements. Il constitue donc une plateforme technique à part entière plutôt qu’un simple navire suiveur.

Une autonomie limitée au fonctionnement du monocoque

Si la puissance du bateau d’assistance peut sembler paradoxale au regard de l’autonomie énergétique revendiquée pour Hypersail, Ferrari présente son monocoque comme un bateau capable de produire, grâce au vent et au soleil, l’énergie nécessaire au fonctionnement de ses systèmes.

Il n’existe pourtant pas de contradiction technique entre les deux annonces. Le remorqueur interviendra pendant la mise au point du prototype et n’a pas vocation à lui fournir de l’énergie au cours de ses futures navigations autonomes. Sa présence permet néanmoins de préciser la portée de la promesse : l’autosuffisance concerne le fonctionnement du monocoque en mer, et non l’ensemble des moyens nécessaires à sa construction, à ses essais et à son assistance.

Cette distinction n’enlève rien à l’intérêt technologique d’un voilier océanique capable de gérer ses propres besoins énergétiques. Elle évite simplement de confondre l’autonomie opérationnelle du bateau avec la sobriété globale d’un programme qui mobilise des infrastructures, des équipes et un navire d’accompagnement particulièrement puissant.

Si la création de la base de Livourne ne fait pas encore de l’Hypersail une embarcation qui pourra voler durablement au large ni atteindre les performances espérées, elle signe en revanche l’entrée du projet dans une phase plus concrète : celle où les simulations, les technologies issues de l’automobile et les ambitions affichées devront être confrontées aux contraintes réelles de la navigation.

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